L'album d'un père

Mardi, 3 octobre 2000
Avant le chaos




Le soleil se lève derrière le pont Jacques-Cartier Je suis arrivé tôt au travail hier matin. Le soleil s'est péniblement arraché à l'horizon pendant la trentaine de minutes qu'à duré mon trajet à vélo. À destination, le ciel était déjà roussi par l'aurore. Un ciel rosé, avec encore une teinte de bleu minuit. Cette image ne rend pas justice à sa beauté, à cette fraction de lever du soleil qui doit être l'inverse du rayon vert qu'on voit parfois à son coucher. Certains ont fait des films entiers sur la couleur du ciel. Mais toujours au coucher. Jamais au lever. Et pourtant, le point du jour est un moment tellement plus magique que la tombée.



Puis, aujourd'hui, en arrivant du travail, j'ai entendu comme une dizaine de petits klaxons dans ce même ciel. J'ai levé la tête, et j'ai vu un triangle de bernaches. Si les hirondelles ne font pas le printemps, les bernaches, elles, font l'automne assurément. Mais plus que l'automne, c'est ta venue, aussi, qu'elles annonçaient. On aurait dit des cigognes qui te livraient à moi. Un vol de bernaches se dirigeant vers le sud



Ta seule grand-mère, Mamilou Sur le balcon, il y avait ta seule grand-mère, «Mamilou», qui a contemplé avec un brin de dépit le vol des bernaches. Elle est venue ce soir souper avec nous et garder ton grand frère.



Car ta mère et moi avons profité de l'une de nos dernières soirées à deux avant le chaos pour aller voir un film.
Maelström, de Denis Villeneuve. Moderne. Juste. Il nous a tous les deux emporté. Il m'a tellement envoûté, même, que j'ai oublié de prendre une photo durant la représentation. Je n'ai allumé qu'à la toute fin.
La fin du film Maelström

[ <<< page précédente ] [ accueil ] [ page suivante >>> ] hugo66