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L'Université d'été de la communication, à Hourtin (2)
Un congrès monstre... avec un petit frère à Montréal!


par Eric Bernatchez

Hourtin c'est :

Le tout, et je cite la brochure du congrès : « sous le haut patronage de Jacques [Hiro] Chirac, Président de la République ». Le « Hiro » est apparu là par hasard!

L'Université d'été de la communication d'Hourtin n'est plus la seule. Il existe désormais tout un réseau d'universités d'été de la communication, tant au Vietnam, au Japon, au Sénégal, au Maroc, qu'au... Canada. La prochaine rencontre aura d'ailleurs lieu à Montréal, en septembre 1996.

Comme nous étions passablement éparpillés, ces soupers ont aussi été l'occasion de cultiver nos relations. Denis, le gentleman de notre délégation, excellait d'ailleurs en cette matière et serrait des mains en souriant de table en table.
Un autre joyeux délégué québécois, que nous appellions tous familièrement « Fritz » , mais qui porte aussi le nom de Roger Rhéaume, secrétaire général de l'Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec, a quant à lui resserré ses liens avec les radios communautaires françaises. « Nous envisageons pour très bientôt le transfert d'émissions de radio par l'autoroute électronique. »
S'agira-t-il de l'Internet? « Nous ne sommes pas encore fixés », dit Fritz.

« Aussi ironique que cela puisse paraître pour un Québécois, poursuit-il, ce congrès français m'aura entre autres permis de voir pour la première fois un face à face entre les leaders des deux projets d'inforoute québécois. » En effet, Sirius et UBI étaient là dans le cadre d'une conférence appelée : « Les choix québécois en matière d'autoroute de l'information ». « Il n'y a pas eu de scènes disgracieuses », rapportent les participants...

Pour Marie-Josée Bernier, auxiliaire au laboratoire de recherche sur les nouvelles technologies de l'Université de Montréal, ce fut l'occasion de constater qu'il y a différentes façons d'envisager l'inforoute. Le modèle japonais l'a particulièrement séduite : « Au Québec, nous avons quatre ou cinq projets incluant les Free-Nets, UBI et Sirius. En France, ça va dans toutes les directions... L'État a reçu plus de 600 projets liés à l'inforoute et en a retenu 200 quelque... Au Japon : un projet! Tous les ministères participent et les compagnies vont se concurrencer jusqu'à ce qu'on identifie le meilleur système. Et ça n'est pas que de la technique. Ils sont en train de créer une véritable science de l'inforoute en soit! »

D'autres, plus jeunes, se sont surtout laissé imprégner de l'ambiance du milieu des communications et ont reçu la piqûre des TÉLÉcommunications. « Ça m'a enfin donné le goût de me brancher! » dit Stéphanie Grammond, qui travaille au Réseau de l'information de Radio-Canada. Elle ne pense plus désormais qu'à s'acheter un ordinateur et un modem pour faire le grand saut.

Dans la foule d'Hourtin, la délégation québécoise ne se faisait pas remarquer que pour son accent, c'était aussi la plus jeune avec ses participants de moins de 35 ans. « Chez les autres délégués, la moyenne d'âge était certainement de 45 ans », estime Monique Dairon-Vallières, chargée de mission pour l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), dont les critères de base exigent que les participants aient moins de 35 ans. Cela fait maintenant 6 ans que l'OFQJ envoie une délégation québécoise au congrès d'Hourtin. Heureusement, sinon la présence québécoise serait faible, le Ministère des affaires internationales n'y envoyant que cinq délégués... des « dignitaires », devrions-nous plutôt dire, en complet-cravate!

Cette année, pour la première fois, des membres de la délégation québécoise présentaient des conférences, tant sur le télétravail que sur la démocratisation de l'information. Outre les représentants de Sirius et d'UBI, le sociologue de l'UQAM, Michel Cartier, a fait le point sur la recherche québécoise en infocommunication.

Plusieurs grands noms français, directeurs de journaux, politiciens européens, étaient attendus, y compris le vice-premier ministre de France, Alain Jupé, qui a dû annuler, occupé qu'il était par la vague d'attentats terroristes. Il a été remplacé par un sous-fifre qui a fait bâiller les participants!

Malgré le retard des Français en matière d'Internet, il y avait quelques points chauds sur le site. Ainsi, le Conseil régional de l'Aquitaine avait érigé un kiosque et délégué de bons techniciens qui offraient même aux congressistes une adresse Internet temporaire. J'en ai profité pour envoyer quelques cartes postales électroniques à mes amis du Canad... Pardon! Que voulez-vous? À force de les entendre nous parler du Canada, on finit par croire que ça existe.
Mais le Net n'était résolument qu'une chose exotique, un objet de curiosité. L'an prochain peut-être... Les petites jeunesses de moins de trente ans qui souhaiteraient participer à la prochaine délégation peuvent contacter l'OFQJ.

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Cet article est en ligne depuis le 5 novembre 1995

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