Dépêches

L'Association des fournisseurs Internet du Québec
Dans mon beau pays d'AFIQ


par Barclay Fortin, à GRANBY

C'est bien beau parcourir le cyberespace, mais vient un moment où même l'internaute le(la) plus endurci(e) a envie d'aller voir du pays. Ou du moins vient un moment où sa tendre moitié INSISTE pour qu'il ou elle ait envie d'aller voir du pays.
On a alors le choix : renoncer à son accès Internet le temps que dure le voyage, ou continuer à se brancher chez son fournisseur comme si on se trouvait toujours chez soi... et se ruiner en frais d'interurbains.
Si le simple vacancier peut toujours supporter une période de « sevrage », on imagine le casse-tête pour l'homme d'affaires vivant dans ses valises. Ce n'est pas parce qu'on négocie un contrat à Val-d'Or qu'il est impossible de « ramasser » son courrier électronique. Ou de jeter un oeil sur le prix de l'or... ou sur les derniers résultats de la NFL!

Ce problème, Joël Vandal a voulu le transformer en avantage concurrentiel. Grand patron d'Internet JRV, un fournisseur d'accès de la région de Granby, M. Vandal a donc eu l'idée de créer l'Association des fournisseurs Internet du Québec (AFIQ).
Le principe est simple. Imaginez que vous êtes une personne d'affaires abonnée chez Internet JRV. Vous êtes en voyage à Québec et vous avez du courrier électronique à envoyer. Au lieu de vous brancher en téléphonant à Granby, vous accédez à votre compte en passant par le fournisseur membre de l'AFIQ dans la région de Québec. Grâce à un système mis au point par M. Vandal, vous êtes ensuite facturé chez Internet JRV. Bye bye, les frais d'interurbains...
« Même principe pour une compagnie qui a des succursales dans plusieurs régions du Québec, ajoute M. Vandal. Avec nous, ils n'ont besoin que d'un seul abonnement pour toute l'entreprise. »

Fondée le 31 août dernier (« Au St-Hubert de Granby, entre deux bouchées de poulet », précise Joël Vandal), l'AFIQ regroupe maintenant 18 fournisseurs et couvre déjà presque tout le territoire du Québec. Quelques « trous » subsistent (la Gaspésie, où il n'y a pas de fournisseur autre que Québec Téléphone à recruter, et la Beauce, par exemple), mais M. Vandal s'emploie à les colmater.
« On veut développer ça à la grandeur du Québec, soutient-il. Et on va probablement aussi avoir une passerelle à Toronto et en Floride. On est en négociation présentement. »
Mais n'entre pas dans l'AFIQ qui veut. À Montréal par exemple, seul Internet Montréal est affilié à l'Association. « On garantit à chaque fournisseur membre l'exclusivité sur son territoire. C'est un service de plus qu'il peut offrir pour se démarquer de la concurrence », indique M. Vandal.
Ce type de regroupement de fournisseurs d'accès Internet n'est pas une idée nouvelle. De telles « alliances stratégiques » existent déjà en Ontario, aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Compétition oblige, le créateur de l'AFIQ s'attend à ce que d'autres associations du même genre voient le jour d'ici peu au Québec. « Mais c'est nous qui sommes la première... et la plus grosse pour le moment! »


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Cet article est en ligne depuis le 20 octobre 1995

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