ÉL

L'Électron libre

Entrevue réalisée en mars 1996

«Si la rue ne fait pas partie de ta culture, t'es pas un vrai graffitiste»

S T A C K


Seule photo que j'aie réussi à prendre de Stack
D'emblée, Stack, 20 ans, l'un des kings du graf les plus respectés à Montréal, annonce ses couleurs: «J'aime pas les interviews. Je veux plutôt rester "low profile", tu comprends. »
Aussi discret que le commandant Marcos, il refuse de se laisser prendre en photo, mais se laisse quand même poser quelques questions, en marge du Graf Jam de mars 1996, et parle avec humilité de son art.



Comment as-tu commencé?

Stack
Quand j'étais petit, je suis allé à New York. J'ai vu les grafs, partout. J'avais peut-être 10 ans. Au départ, j'étais surtotu intrigué.
Mais par la suite, j'y suis retourné une fois, et puis une autre, et plus j'y retournais, plus j'étais fasciné!
Je suis tombé sur quelques magazines de graf. Et quand je suis revenu à Montréal, j'ai commencé, tout simplement.


Qu'est-ce qui te fascinais là dedans?

Stack
Je ne sais exactement. Je trouvais ça fresh, les lettres, la forme des lettres, surtout.


Qu'est-ce qui est beau là-dedans?

Stack
Il n'y a pas seulement le fait que c'est beau, c'est aussi le fun à faire! J'ai commencé vers 92 environ, sur des poteaux dans mon quartier, avec des marqueurs.

Un des Stack de l'usine Redpath Un classique de Stack, façon "Wild Style", situé dans le BOMB Shelter (usine Redpath), avec un personnage tenant la lettre "T", personnage qui rappelle le professeur du dessin animé The Wall, de Pink Floyd.


T'es un pionnier du graf, non?

Stack
Dans ce temps-là, personne, à ma connaissance, faisait du graf à Montréal. Mais il faut dire qu'à peu près en même temps, il y a eu Sike et son crew, les DTC (Down Town Crew), avec Soak et Santi. Mais au tout début, je ne pense pas que DTC writaient autant que nous autres.


| ... la suite |
| Les autres graffitistes |


©1995-96 Jean-Hugues Roy
électro-feedback