ÉL

L'Électron libre

Entrevue réalisée en mars 1996

«Si la rue ne fait pas partie de ta culture, t'es pas un vrai graffitiste»

S T A C K


Stack au Graf Jam
La pièce que Stack a exécutée lors du Graf Jam du 2 mars 1996, rue Saint-Ambroise.


Quand tu as commencé, tes parents t'encourageaient-ils?

Stack
Je ne pense pas qu'ils aimaient tellement ça, surtout ma mère. Ma chambre est full de tags.


Tu as 20 ans. Crois-tu que tu vas cesser de taguer?

Stack
Je pense que je suis parti pour un bon bout. Je ne pense pas que je vais arrêter. Je ne sais pas encore ce que je vais faire dans la vie, mais je sais que je veux être artiste. Je ne pense pas que je pourrai gagner ma vie avec le graf, par contre. Il n'y a pas assez d'argent à faire là. Je veux prendre des cours d'infographie. On va voir.


Maink, un gars de ton crew, a arrêté cette année. Tu ne t'arrêteras jamais, toi?

Stack
Maink a arrêté parce qu'il s'est fait pogner trop de fois. Moi, je me suis fait pogner une couple de fois, mais j'aime mieux ne pas en parler.
Mais non, je ne vois pas quand je vais arrêter. À New York, il y a des gars de 40 ans qui "bombent".


As-tu des influences?

Stack
Il y a peut-être juste Sike. C'est lui qui m'a poussé à être "psycho". Il "bombait" tout le temps. Et il est allé en prison huit mois. Il était "hard core" et j'aime ça.


Quelle est l'oeuvre dont tu es le plus fier?

Stack
Ça change tout le temps. Mais j'aime bien celle qu'on a fait avec Chek, le long des tracks, près de chez moi.

Le plus beau Stack
L'oeuvre préférée de Stack, située à l'arrière d'un petit entrepôt de la rue Saint-Grégoire et partiellement visible de la piste cyclable du réseau vert.


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©1995-96 Jean-Hugues Roy
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